Ah oui, le temps des cerises, toutes ces petites boules rouges impertinentes qui se balancent à la brise et excitent si fort les oiseaux ! Nos enfants sont peut-être moins impatients que les merles, déjà repus par les primeurs du marché et surtout du supermarché... mais ceux qui ont encore la curiosité, la gourmandise et peut-être aussi surtout la chance d'aller picorer dans de vrais cerisiers ces fruits merveilleux ne pourront plus jamais oublier le goût incomparable d'un beau bigarreau gorgé de soleil, bouffi de la chaleur naissante de l'été approchant. Oh ça, bien sûr, la cerise est sucrée, très sucrée même, et donc déconseillée à tous ceux qui doivent "faire attention" pour des raisons médicales diverses et variées ; mais, quand même... croquer au moins une de ces petites merveilles, ça relève du début du paradis, non ?

En plus, il y en a vraiment pour tous les goûts : les gros bigarreaux, évidemment, peut-être les plus connus, parce que les plus mis en valeur, souvent noirs à force d'être rouges et de se gorger de soleil à en éclater ; ils sont doux et chauds et vous laissent sur les papilles une sensation moëlleuse et caressante ; il y a aussi les "guignes" que l'on trouve un peu partout, pas forcément typées, souvent moins noires et moins grosses que les bigarreaux mais dont on fait à peu près tout en matière d'arrangement culinaire ; et puis, les "montmorency", ces petites cerises claires plus acidulées qui restent, en tout cas pour moi, les reines des clafoutis et surtout qui permettent de faire les bocaux de cerises à l'eau de vie pour les gourmands qui aiment encore cela. Un vrai délice l'hiver, quand on reçoit famille et amis en hiver, devant le feu de cheminée, pour terminer le repas en toute convivialité...