Je m'interroge... Je ne veux pas le dire trop fort, mais je fais partie de cette génération des "bientôt 60 ans", les papy-boomers comme ils disent. Oui, je suis une "maminou-boom", l'une de ces petites filles de la génération d'après-guerre qui a tant représenté d'espoir pour ses parents et grands-parents ; l'une de ces petites filles dont le sourire et les rires effaçaient enfin les années d'horreur et de terreur, les privations sans nom, les nuits de bombardement, les atrocités qu'il a bien fallu découvrir... Dans cet après-guerre si rempli d'espoir, nous tous, ces enfants qui arrivions, nous étions l'avenir : ceux qui allions vivre dans un pays libre et libéré, ceux qui ne souffriraient pas et qui auraient accès à toutes les promesses de l'avenir : il y avait tant à faire et rien n'était trop beau pour nous ! Je n'ai pas vécu cette guerre, mais j'en ai tant entendu parler que je la porte en moi, "dans mes tripes"...

Et je ne peux oublier, dans cette campagne que j'aime tant, combien il était magique de courir au jardin retrouver mon grand'père qui s'échinait et de chercher du regard la grosse fraise bien rouge que j'allais pouvoir dévorer sans vergogne, parce que, bien sûr, c'est la plus grosse et la plus rouge que je voulais, et que, bien sûr aussi, on me l'avait réservée. Je voudrai tant offrir aujourd'hui offrir cela à mes petits-enfants, mais je n'ai pas encore 60 ans, je travaille et leurs petites années d'émerveillement passent sans que j'ai l'impression de pouvoir mettre dans leur coeur tout ce bonheur de la communion avec notre terre et les générations qui se succèdent... Séquence nostalgie ? Peut-être... alors, nous dirons donc ce matin que le petit billet de mon blog sera la contribution "moderne" au temps qui passe !