Dimanche pluvieux… la pluie gorge les sols depuis une semaine maintenant. Le ciel est gris, bas ; la faible luminosité nous pousse à rester au chaud, bien à l’abri de nos maisons. Le feu brûle dans la cheminée depuis le petit déjeuner, petit miracle de douceur et de convivialité autour duquel nous nous retrouvons pour parler, méditer, faire des projets… Ce matin, dans cette grisaille, je refuse de me laisser aller à la mélancolie qui tente de s’imposer à moi et mon esprit s’évade en pensant à Noël, dans un peu plus de deux mois maintenant. Noël et les images de familles réunies autour de la cheminée, autour de la table, autour du sapin, images aussi de ceux qui braveront la nuit et la froidure pour aller célébrer la naissance du Christ, images enfin de tout ce que chacun de nous mettra en œuvre pour faire briller les yeux des enfants et remplir le cœur de tous de cette chaleur si particulière de la nuit de Noël. Que de souvenirs d’enfance ! Que de souvenirs de mes propres enfants, de mes petits-enfants… Et puis, la « machine à projets » se met en route dans ma tête : encore deux mois ? Deux mois pour trouver le petit quelque chose qui fera plaisir à tous ceux que j’aime. Je rassemble dans ma tête les idées qui me sont venues tout au long de l’année, au hasard de la vie de chaque jour. Une idée par-ci, une idée par là… Et puis, voilà que mon esprit se pose sur mes petites filles : cinq petites merveilles que mes fils et belles-filles m’ont offertes. Je reviens à mes basiques : « mamie-couture » commence à imaginer les petites robes destinées à chacune d’elles ; bien sûr, je les ferai moi-même, et j’en choisis déjà la couleur, la forme, le style et la personnalisation en fonction de chacune d’elles, de son âge, de ses goûts, de son caractère. Vite, mon crayon et mon carnet « magique » où je consigne toutes ces idées pour ne pas les perdre : dans l’après-midi, je ferai l’inventaire de ce qu’il me faut pour les réaliser, je vérifierai ce dont je dispose déjà, et dès lundi, c’est sûr, je passe à l’action. Et puis, il y a mes trois petits-fils : pour eux, « mamie-couture » n’est pas de mise, réaliser des vêtements de garçon a toujours été difficile pour moi, alors quoi ? J’ai l’habitude des garçons puisque je suis l’heureuse maman des trois grands gaillards qui m’ont donné d’abord trois adorables belles-filles, et avec elles, cette vivante marmaille qui m’entoure de chaleur et de tendresse. Alors, mes petits fils. L’un se passionne pour ce que l’on appelait « dans mon temps » les sciences naturelles et j’ai repéré un magazine qui devrait attiser sa curiosité naturelle ; pour le deuxième, petit romantique au cœur tendre, Il me faut encore réfléchir : en le regardant vivre pendant les vacances de Toussaint, je suis sûre que je vais trouver l’idée qui lui plaira. Et puis, le petit dernier, aussi vivant et remuant que son papa au même âge, sera ravi de la trottinette qui lui permettra de nouvelles acrobaties... et sans aucun doute, de nouvelles bosses ! Enfin, il y a les autres petits-enfants, ceux que la vie m’a offert en plus, grâce au hasard qui fait parfois si bien les choses : pour eux aussi, ma liste s’allonge. Une robe aussi pour la petite fille, à moins que, compte-tenu de son âge, je me lance plutôt dans la confection d’un joli couffin rose pour la poupée qu’elle ne quitte plus depuis quelques mois. Pour le petit pirate câlin, peut-être un doudou fait maison ? Entrées dans un parc de loisirs pour les grands ou jeu vidéo pour sacrifier à la mode ? Quel beau dimanche ! Tant de projets en tête illuminent cette journée : tant pis pour la pluie, mon cœur est plein de bonheur.